Cérémonies de l'indépendance du Congo: La Belgique doit répondre aux attentes des Congolais
Les 50 ans de l'indépendance de la République démocratique du Congo sont célébrés principalement aujourd'hui. En cette période de commémoration, les occasions de rappeler l'histoire que nous avons partagée avec le peuple congolais sont nombreuses. Force est de constater que cette histoire, à la fois patrimoine commun et cicatrice jamais vraiment soignée, divise toujours. Les célébrations de l'indépendance sont également douloureusement marquées par l'assassinat du militant des droits de l'homme Floribert Chebeya qui a mis en lumière que la sécurité et les droits des hommes et des femmes n'étaient pas encore respectés en RDC et notamment à l'Est du pays. En son nom et au nom des écologistes belges, la députée européenne Isabelle Durant a signé le registre de condoléances de Floribert Chebeya afin de saluer sa mémoire et son combat. Il faudra rapidement qu'une enquête indépendante puisse désigner et juger les responsables de l'acte odieux qui a conduit à sa mort.
Les observateurs présents sur le territoire congolais, journalistes et politiques notamment, ont relayé la forte attente de la population d'un geste ou d'un discours du Roi des Belges. Si notre Souverain n'est pas « habilité » à prendre la parole sans un mandat du gouvernement belge, on ne peut qu'être déçu que la Belgique ne prenne pas publiquement la parole lors des commémorations des 50 ans de l'indépendance. Notre pays devrait s'exprimer avec franchise sur le passé, sans occulter les sombres tableaux de la période coloniale, sur le présent et avec détermination sur le futur des relations entre la Belgique et le Congo. S'il faut être là pour écouter la population, il faut aussi pouvoir répondre aux attentes.
Pour le Congo les défis actuels et futurs sont énormes : mise en place d'infrastructures et d'administrations publiques comme réel service à la population, accès à l'eau, à la santé, à l'éducation, à l'électricité, au logement et à l'emploi, lutte contre le sentiment d'impunité y compris au sein de l'armée et de la police. Pour les écologistes, il faudra envisager ces défis et l'avenir du Congo « d'égal à égal » comme aimait à le répéter Patrice Lumumba. Plus que jamais, la Belgique doit être à l'écoute et aux côtés du Peuple Congolais.
Juliette Boulet
Députée fédérale

