Contrôler plus pour dépenser moins !

Par ELIO DI RUPO le 15/03/2011

 

On a beau y être habitué, la violence des réactions de la droite conservatrice, dès qu'on touche à ses profits, reste quelque chose d'étonnant à observer. Qu'une série d' industriels qui se remplissent les poches refusent la transparence sur les prix et un certain contrôle, cela ne m'étonne pas trop. Mais que certains relais politiques hurlent à la révolution communiste et sonnent la mobilisation générale, voilà qui est choquant. Etonnamment, ceux qui s'indigent (« Un contrôle de l'Etat, quelle hérésie ! ») sont aussi ceux qui demandent  à l'Etat d'intervenir pour limiter les augmentations salariales

Or, nous sommes élus, avant tout, pour protéger les citoyens et les soutenir au quotidien ! De quoi parle-t-on ? Les Belges le vérifient chaque jour au magasin ou lorsqu'ils reçoivent leurs factures, certains produits de consommation courante ont vu leurs prix augmenter de manière importante et inexpliquée. Des hausses de 5 à 30% en un an sont monnaie courante. C'est le cas par exemple des pommes de terre (+31%), des tomates (+10%), de la farine (+27%), de l'électricité (+8%), du gasoil de chauffage (+37%) ou de l'assurance incendie (+9%).

Evidemment, pour les très hauts revenus, les rentiers et tous ceux qui ne voient pas la différence entre un début et une fin de mois, il n'y a pas là de quoi fouetter un grand distributeur. Bon nombre des adversaires de la régulation sont d'ailleurs actionnaires de multinationales qui réalisent des profits faramineux et qui leur reversent des dividendes plantureux.

Mais pour l'ouvrier, pour l'employé, pour les familles, pour le pensionné, pour le chercheur d'emploi  ou pour l'étudiant, chaque augmentation de prix revient à serrer un peu plus une ceinture déjà très inconfortable. Et le sentiment d'injustice est inévitable, quand on apprend que les consommateurs des pays voisins ne subissent pas de telles hausses (l'alimentation a ainsi augmenté de 2,4% en Belgique, contre 0,1% en France ).

Alors oui, les socialistes font leur travail. Ils posent des questions, exigent des explications, préparent des ripostes réglementaires pour protéger les citoyens. Voici deux ans, nous avons obtenu et mis en place un Observatoire des prix, qui a constaté formellement les augmentations de prix que je viens de citer. Nous demandons qu'il reçoive  plus de pouvoirs et qu'il puisse examiner les prix des 200 produits et services de première nécessité. Il faut que le Gouvernement puisse intervenir si l'augmentation des prix n'est pas justifiée.   Qu'attend-on pour agir ? Que la plupart des porte-monnaie soient vides ? Que le surendettement et la pauvreté explosent ? Que la croissance de l'économie belge s'arrête ?

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