L'avenir du chemin de fer belge passe par une réflexion sur la sécurité et l'orientation des investissements
Catastrophe ferroviaire / L'avenir du chemin de fer belge passe par une réflexion sur la sécurité et l'orientation des investissements
La Belgique toute entière a été ébranlée par la catastrophe ferroviaire qui s'est déroulée ce lundi à Hal et dont le bilan provisoire est de 18 morts. Ecolo tient à saluer la mémoire des disparus et assurer leurs familles de sa profonde solidarité.

Pour ECOLO et Groen, il faudra rapidement déterminer les causes de ce drame et tirer toutes les leçons qui s'imposent pour garantir un rail sûr et fiable pour toutes les personnes qui empruntent le train pour se rendre au travail ou voyager ainsi que pour le personnel de la SNCB.
Il est indéniable que le paysage ferroviaire a connu une grande évolution ces dernières années et que les conséquences de celle-ci sont parfois néfastes pour les travailleurs et les usagers du rail : la pression sur la ponctualité, les exigences plus importantes en termes de formation, le manque de personnel dans certains domaines, la scission en trois composantes du groupe SNCB, l'ouverture progressive à la concurrence...
Mais si l'accroissement important du nombre de voyageurs est évidemment bienvenu et doit se poursuivre à l'heure où la lutte contre le dérèglement climatique s'est imposée comme un enjeu essentiel, ses conséquences sur les conditions de travail du personnel des chemins de fer ainsi que sur la sécurité, le confort et la ponctualité doivent être davantage appréhendées et rencontrées.
Ces profondes évolutions obligent aujourd'hui à une analyse globale de la sécurité du rail et à une révision de l'analyse des risques. Cette mission doit être menée de manière indépendante. Au sein de la commission Infrastructure Ecolo-Groen !, a très souvent plaidé pour que les remarques des cheminots sur le stress de plus en plus important au travail soient entendues sans délai dans ce cadre.
Le groupe des Verts est aussi interpellé par les délais de mise en œuvre des décisions en matière de sécurité à la SNCB. L'installation du système de freinage automatique TBL1+ a été décidée dès 2001, année de la catastrophe de Pécrot. Aujourd'hui, à peine 2% du matériel roulant serait équipé de ce système. C'est totalement insuffisant. L'accident de Halle met en évidence que les promesses de 2001 n'ont pas été suivies suffisamment rapidement de résultats concrets.
Les écologistes déplorent également l'absence de projet global intégrant une évaluation permanente et une anticipation des besoins en personnel à la SNCB. Pour Ecolo et Groen ! une politique de recrutement plus volontariste est pourtant indispensable pour que les investissements budgétés puissent effectivement être exécutés ainsi que pour répondre à la pénibilité actuelle des horaires des agents de la SNCB et à la pénurie de personnel. Cette réflexion et ce projet doivent être développés par les différentes entités composantes de la SNCB qui doivent prouver leur capacité à travailler ensemble.
Par ailleurs, les écologistes rappellent que des investissements colossaux ont été réalisés par la SNCB dans certains projets alors que la sécurisation du réseau et la qualité du service proposé aux navetteurs progressent trop lentement. Pour les Verts, il est temps de retrouver une certaine sobriété et un sens des priorités pour permettre la modernisation d'un réseau ferroviaire que nous souhaitons efficace, convivial et sûr.
Enfin, ECOLO s'associe également à l'inquiétude et à la colère des conducteurs de train des dépôts de Mons et de Braine-Le-Comte. Après l'accident de train du 19 novembre en gare de Mons et l'incident survenu il y a 15 jours sur la ligne Mons-Charleroi ils avaient déjà attiré l'attention des responsables politiques et d'Infrabel sur les risques que les usagers encouraient. Il est temps de leur donner la parole désormais.
Ronny Balcaen et Juliette Boulet
Députés fédéraux.

