Le périmètre de Di Rupo ne tenait qu'à un fil
C'est dans les choux de Bruxelles et non dans les patates qu'atterri la mission de préformation du président du PS. Après plus de 70 jours, l'écueil bruxellois (scorie dans la chaussure de De Wever) est en passe de devenir insurmontable.
Bart de Wever ne se contente plus d'un non paper (cette fameuse note orale qui n'existe pas…, lue par le préformateur et définissant le fameux périmètre négociable.) Il veut de l'écrit, du texte, du lourd, ébranlé (dit-il) par la sortie du cdH selon laquelle la loi de refinancement on en reparlerait un jour…
Les francophones expliquent ne plus pouvoir aller plus loin dans les 'concessions', c'est donc à la Nva et à son satellite le CD&V de lâcher du lest. Ce qui coince ? Le sort de Bruxelles, la loi de refinancement (celle qui défini la répartition de l'argent fédéral entre les entités), la responsabilisation des entités et probablement d'autres points non évoqués à ce jour.
Le plus étonnant dans l'affaire, c'est cette ignorance feinte des véritables ambitions politiques de la NVA, parti qui dispose très clairement de sa volonté de voir aboutir la scission du Royaume un de ces quatre jeudi. Bart à-t-il la carrure, Bart peut-il faire des compromis, toutes questions typiquement francophones, alors que dans les faits, il est plus que probable que Bart n'en a rien à faire des compromis. La NVA a fait du communautaire et de l'institutionnel son core business, il est donc en quelque sorte biodégradable si tout à coup un accord permettait 30 années de paix.
Souvent nous auront entendu, y compris avant les élections, qu'un accord était à deux doigts de se concrétiser, mais à chaque fois, l'affaire rebondit comme un mauvais thriller politique. C'est peut-être plus fondamental que cela, il ne s'agit plus de passer par une réforme transitoire, comme la Belgique le fait depuis des décennies, mais il est peut-être l'heure d'aller dans le vif du sujet : Quel modèle pour le territoire et quel type de cohabitation est envisageable demain. Ce pays s'est doté de régions, chaque élection, y compris fédérale, est communautarisée, les partis de chaque communauté ne s'adressent qu'à leur communauté linguistique et à ce jeu là, la Flandre tire à droite quand la Wallonie et Bruxelles (par le jeu de l'homogénéité imposée par l'Olivier) tirent à gauche.
Restera aussi à aborder les matières budgétaires, une paille, 25 milliards à aller chercher, le financement des pensions post 2015 - 2020 et reprendre le chemin de la réduction de la dette publique qui atteint des sommets. Autant le dire, c'est un tout autre défi que de scinder BHV, ce défi n'a rien de symbolique, il est déterminant.
Pour le moment, les états-majors des sept, tentent de repartager le maigre gâteau fédéral, il reste encore à sauver la pâtisserie de la banqueroute, même si les uns préfèrent les choux et d'autres les gaufres.

