Le préformateur Elio Di Rupo au milieu du gué
En synthèse, Ecolo mis sous pression répond au préformateur Di Rupo, ouvert(s) à la discussion mais pas sans Groen. Sans oublier de faire remarquer qu'aucune note, aucune grande ligne sur les aspects de la future négociation gouvernementale ne leur sont parvenues. Regrettant que le cdH, lui, aurait pourtant bien reçu certaines notes du PS.
A plus de 5 semaines des élections, tout indique que les deux gagnants des élections, PS et Nva sont encore très loin d'aboutir. Ce qui augure de la difficulté à cerner ces fameuses convergences autour desquelles pourraient graviter une coalition fédérale.
Rien d'anormal, en 2007, l'orange bleue accouchait, dans la douleur et après 6 mois de palabres stériles, d'un gouvernement intérimaire, alors qu'in fine, les enjeux étaient moindres, à savoir pas encore de crise économique révélée et des exigences de réformes communautaires et institutionnelles moins affirmées dans leur ampleur qu'actuellement.
Il y a juste que le temps joue contre nous, dans la mesure ou la Belgique, n'a plus le luxe de se permettre de l'immobilisme au regard de son endettement. D'abord parce que sans mesures restrictives et conservatoires, le pays va devoir payer une montagne d'intérêts si la dette file, ensuite parce que l'étau Européen se resserre vis à vis des pays récalcitrants à adopter plus d'orthodoxie budgétaire. Vu de l'Europe, les conflits communautaires belgo-belges ne sont rien en regard des défis qui s'imposent à chaque Etat Membre de l'union.
Il reste donc, outre à assoir des partenaires autour de la table, à définir les grandes lignes de politiques économiques, budgétaires et sociales (emploi-pensions), le tout arrosé de la nécessité impérieuse de trouver deux bonnes dizaines de milliards à épargner ou à taxer dans les 3 ans. Il y a bien les régionalistes de tout bord, convaincus que chaque région et communauté peut assumer son destin dans un paysage institutionnel redéfini. Il y a aussi le rappel récurrent à la solidarité en matière de sécurité sociale, on peut donc envisager plus d'autonomie régionale pour autant que le pot commun aux soins de santé reste intact.
Au delà de ces aspects, plutôt classiques, il y a aussi la démonstration, que ce pays, même sans gouvernement fédéral aux pleins pouvoirs, fonctionne. Les instances communautaires et régionales continuent de faire fonctionner la maison Belgique et ce même si le jardin est en feu. C'est peut-être le seul avantage de notre démocratie, quand rien ne va, tout va en apparence au moins.
C'est une guerre d'usure politique, qui de conflits en sonnette d'alarme, d'élections en démissions, mène peu à peu au résultat tant attendu par une minorité politique incarnée par des partis tels que la Nva. Le résultat est flagrant, d'une part en mesurant la légitimité électorale donnée à la Nva et surtout en constatant l'évolution du discours politique francophone qui de 2007 à 2010 est passé du 'on est demandeur de rien' à 'il faut une grande réforme'. Ce qui me pousse à penser, que le système électoral belge à la proportionnelle favorise les éternelles alliances entre des relativement petites formations à l'échelle fédérale. Ce qui induit le mal qui ronge le système. Dans les faits, la scission linguistique et communautaire politique entraîne de facto la scission institutionnelle, tant les agendas, les intérêts et le corps électoral de chaque communauté sont eux mêmes scindés. De ce constat, on pourra nommer les choses selon sa sensibilité, néanmoins, le 13 juin dernier, ce pays s'est engagé électoralement dans une aventure dont personne ne connait ni l'issue, ni son timing. Aujourd'hui, le pays, avec son préformateur, est au milieu du gué.

