Liberté de filmer: Elena VARELA

Par JULIETTE BOULET le 29/09/2009

Rencontre un peu surréaliste même si ça n'était pas le but. Au Parlement bruxellois, avec Céline DELFORGE députée bruxelloise et Benoit HELLINGS, nous rencontrons Elena VARELA.

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Cinéaste chilienne, elle veut nous rencontrer pour dénoncer la censure et la répression qu'elle subit dans son pays. Et, au Parlement bruxellois, la Présidente du PRB refuse que l'entretien soit filmé par ses cinéastes!!

Elena VARELA est sous le coup d'une accusation parce qu'elle réalisait deux documentaires, un sur la résistance populaire à la dictature dans les années 1980 et l'autre sur la résistance des communautés Mapuche à l'usurpation de leurs terres par les compagnies privées forestières.

Le 07 mai 2008, alors qu'elle achève les dernières prises de vues de ses deux documentaires, Elena VARELA est arrêtée par la police et incarcérée à la prison de Haute Sécurité de Rancagua. Tout son matériel filmographique de travail est confisqué et notamment 300 cassettes vidéo comportant de nombreux entretiens de dirigeants, de prisonniers politiques mapuche et de membres des communautés victimes de la répression.

Que lui reproche-t-on ? Elle aurait, soi-disant, commit des délits et des vols pour financer des activités terroristes. Les preuves seraient des accusations d'un témoin « à visage caché » et rien d'autre.

Elle déclare d'ailleurs : « Maintenant je comprends comment tout ce scénario a été imaginé par la police, il s'agit d'une persécution mise en place depuis quatre ans. Les perquisitions à mon domicile n'ont rien donné. La seule chose que la police peut me dire c'est que j'étais, en 2004, la compagne d'un homme que je connaissais comme journaliste argentin sous le nom de Leonardo Civitarese [inculpé de délits de droit commun] et qui, selon eux s'appelle Juan Moreno, de nationalité chilienne. Tout le reste n'est que montage né de la collusion du secteur privé avec le gouvernement, un jeu de massacre contre la gauche, une toile tissée par l'Agence Nationale d'Intelligence (ANI) autour de moi, pendant plusieurs années, pour récupérer toutes les informations que je collectais pour les documentaires Newen Mapu Che et Sueños del Comandante, sur des résistants Mapuche en conflit avec les compagnies forestières et sur des survivants de la répression sous Pinochet. Finalement, le montage des services secrets, digne de l'époque de Pinochet, a convaincu la police et le procureur qui sont persuadés que nous ne sommes pas cinéastes mais une cellule de guérilla. C'est pour cela que des centaines de policiers ont été déployés pour mon arrestation, certains d'entre eux déguisés en ouvriers ! Mais le but est atteint : tout mon matériel audiovisuel a été saisi ».

On a convenu entre collègues ECOLO de questionner le ministre des affaires étrangères et de faire un peu de bruit autour du cas d'Elena VARELA. Mon collègue, Benoit HELLINGS se rendra à l'Assemblé générale de l'UNESCO et portera également le message auprès de ses homologues.

 

 

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