Que serait une architecture écologique ?
Aujourd'hui, un article plus sérieux (et oui, il en faut bien de temps en temps) sur l'architecture écologique que mon mari et moi avons rédigé pour la revue d'Eco-Vie.
Habiter un lieu où il fait bon vivre
Rénover ou construire son « chez soi » est non seulement un investissement financier, mais aussi émotionnel. Ce lieu, qui sera habité par notre quotidien, nos rêves et nos passions, reflètera une partie de nous même, écho de nos choix et de notre rythme de vie. Un projet d'architecture doit ainsi composer avec tous les aspects qui entourent le dessein des clients: esthétisme, vie quotidienne, exigences et attentes, afin de tendre vers un « chez soi » où il fait bon vivre.
Architecture écologique et écologie de l'habitat
L'étymologie du mot « écologie » nous vient du grec « Oikos », maison et « logos », science, connaissance. Avant son usage « politique », l'écologie était la science qui étudiait les relations entretenues entre les êtres vivants et leurs milieux de vie.
Au travers des concepts d' « écologie de l'habitat » ou d' « architecture écologique », l'Architecture a l'opportunité de se réorienter vers une réflexion globale du projet de rénovation ou de construction insistant sur l'Habitus. Dans ce cadre, une architecture écologique inscrirait son travail dans la relation que l'être humain entretient non seulement avec le temps mais aussi avec l'espace et l'environnement, et traduirait ces relations dans un bâti, un espace, un lieu approprié.
Quelques pistes et réflexions
A ce jour, beaucoup de concepts et d'innovations émergent tant au niveau de l'architecture que de l'urbanisme. Difficile, parfois, de faire le tri ou de compiler ce qui est essentiel dans une démarche qui se prétend « écologique ». En effet, quel sens « écologique » peut-on donner à une maison ossature bois mais réalisée à partir d'un bois provenant d'un continent lointain (au détriment d'un bois indigène)? Ou encore quelle portée éthique à une maison bioclimatique construite à l'aide d'ouvriers sous-payés car en provenance d'un pays étranger ?
Comme on s'en aperçoit, le concept d' « architecture écologique » est loin d'être défini. Néanmoins, quelques bases et pistes de réflexions peuvent déjà être posées :
Les rénovations écologiques sont à privilégier car moins consommatrice d'énergie grise que les constructions écologiques. En effet, lors d'une rénovation, une partie du bâtiment est déjà construit. Il est moins coûteux en pollution (et la plupart du temps économiquement également) de récupérer ce bâti pour l'améliorer/l'adapter que de construire du neuf. De plus, les nouvelles constructions, écologiques ou non, font appel à de nouveaux terrains. Dans une démarche globale, n'est-il pas préférable de sauvegarder les terres agricoles que de réaffecter ces surfaces en zone à bâtir ?
Insérer le bâti dans le tissu urbain génèrera moins de pollution a posteriori. En effet, il existe de belles villas bioclimatiques, écologiques, passives et autres, mais qui sont construites à 30 km de tous magasins et lieux de vie. De ce fait, la voiture (si pas deux) est indispensable pour tous les déplacements : école et activités pour les enfants, courses, boulot, …
Le projet doit se baser autour du mode de vie du futur occupant. Plus le projet sera en symbiose avec les besoins, plus il sera efficace en terme d'économie d'espace. Par exemple, le lieu s'adaptera au fur et à mesure à l'agrandissement d'une famille, ou au contraire l'espace sera divisé pour accueillir des couples ou des personnes seules.
Un matériau « écologique » adéquat aura intégré les concepts d'énergie grise de sa production à sa transformation, de son transport à sa pose, de sa longévité, de son degré de biodégradation, de son impact sur la santé, et de sa capacité à être réutilisé ultérieurement (recyclage). Dans ce domaine, difficile de dresser une liste exhaustive des matériaux écologiques existants tant les innovations s'enchaînent. Mais beaucoup de ces dernières se prétendent « naturels» à mauvais escient. Si le consommateur compare les matériaux sur base des critères évoqués ci-dessus, il ne peut se tromper de beaucoup. Reste encore la cohérence de l'emploi de certains matériaux aux endroits appropriés (les bois pour le bardage ne correspondent pas toujours pour une terrasse).
Une maison, ou un bâtiment écologique, doit être le plus autonome et économe possible en énergie. On parle actuellement de maisons « passives » ou « basses énergie » pour définir des maisons qui, pour permettre la température ambiante, se passe de chauffage (grâce notamment à l'isolation). Evidement, d'autres consommations énergétiques sont liées à nos modes de vie comme le besoin en électricité ou en gaz (de la cuisine à la télévision), ou encore notre besoin en eau. Des solutions existent pour renforcer l'autonomie des habitants. Pour les besoins en électricité, il s'agit surtout de faire appel aux nouvelles technologies : éoliennes individuelles et panneaux solaires. Pour nos besoins en eau, le panel est plus large et relève davantage de pratique naturelle : récupération d'eau de pluie, récupération de l'eau usagée, lagunage, … Il reste à préciser que la meilleure économie d'énergie est celle qu'on n'a pas consommée.
L'éthique de l'architecte et des entreprises doit garantir le respect. Une architecture écologique qui prétend gérer dans son projet les interactions entre les êtres humains et leurs milieux se doit également d'intégrer aussi les relations des êtres humains entre eux, ainsi que l'impact de ces relations sur l'environnement. En faisant appel à des entreprises et des artisans respectueux, tant de l'environnement que de leurs semblables, le projet d'Architecture rencontre toutes les dimensions de l'Architecture durable.

