Stop au machisme de la droite !
Le MR, une partie de l'Open VLD et la N-VA sont d'un machisme et d'un conservatisme affligeants. Les faits sont connus : la Chambre a voté récemment en faveur d'une proposition de loi imposant un tiers de femmes dans les conseils d'administration des entreprises publiques et des sociétés cotées en bourse. Les socialistes, les sociaux-chrétiens et les écolos tant francophones que néerlandophones ont voté pour.
C'est l'aboutissement d'un combat de plusieurs années mené par le PS au nom de toutes les femmes ! Les libéraux, la N-VA, le Vlaams Belang et LDD ont voté contre. Et voilà qu'aujourd'hui le MR, l'Open VLD et la N-VA demandent l'avis du Conseil d'Etat, uniquement dans l'objectif de retarder l'entrée en vigueur du texte. La N-VA a également annoncé qu'elle demanderait que le Sénat statue sur le texte, dans l'espoir d'annuler le vote intervenu à la Chambre.
Bien sûr, les procédures mentionnées sont légales et les partis de droite ont le droit de les utiliser. Mais derrière ces désespérées et désespérantes manœuvres de retardement se cache un constat implacable : la droite refuse de reconnaître l'importance des très nombreuses inégalités qui existent entre les femmes et les hommes. Et, encore plus grave, la droite refuse d'y apporter des solutions.
Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies, souvent à l'initiative ou avec l'appui du PS : le droit à l'avortement et à la contraception, la loi protégeant la maternité, la législation sanctionnant les discriminations à l'égard des femmes ou la lutte contre les violences conjugales, pour ne prendre que quelques exemples. Pourtant, une série de chiffres actuels démontrent, si besoin était, que les inégalités perdurent : les femmes gagnent en moyenne 15% de moins que les hommes pour une même fonction ; elles s'occupent de l'éducation des enfants et du ménage 14 heures de plus par semaine que les hommes ; et elles sont systématiquement sous-représentées dans les échelons hiérarchiques intermédiaires et supérieurs. Ce qui nous mène, sans surprise, à ce chiffre déplorable : il n'y a que 8% de femmes dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse. Soit moins d'une femme sur 10 !
Les arguments sans cesse rabâchés par le MR, une partie de l'Open VLD et la N-VA n'impressionnent guère. L'Etat ne peut pas intervenir dans le monde de l'entreprise pour leur imposer plus de femmes, disent-ils. Ah bon ? Si la droite était d'accord pour que l'Etat intervienne en 2008 et sauve une série de banques de la déroute, pourquoi ne peut-il alors intervenir pour corriger une situation d'inégalité criante ? Les entreprises seront pénalisées car elles auront des difficultés à trouver suffisamment de femmes compétentes, renchérissent-ils. On atteint là le summum du machisme ! Et je ne vais pas m'étendre sur des commentaires tout aussi sympathiques tels que « la femme met elle-même des freins à son ambition » de l'ancien patron de la FEB (L'Echo, 23 août 2005).
Si les libéraux et la N-VA ont beaucoup d'imagination pour s'opposer au texte voté à la Chambre, ils en ont moins pour trouver des solutions. Leurs recettes ? L'autorégulation du monde des affaires et « il faut laisser le temps au temps ». Sauf que cela fait des années qu'ils tiennent ce discours et qu'aucune mesure concrète n'a été prise pour qu'il y ait plus de femmes dans les conseils d'administration ou dans les fonctions dirigeantes !
Tout aussi symptomatique est la division de l'Open VLD sur ce sujet. Une série de mandataires femmes, dont Gwendolyn Rutten, Fientje Moermans et Annemie Turtelboom, reconnaissent qu'une politique de quotas de femmes est un intermède nécessaire alors que leur parti dit le contraire… Saluons au passage leur courage pour défendre ce point de vue honni par leur formation politique !
Les femmes représentent 50% de la population. Il est tout simplement normal qu'elles participent, dans tous les secteurs et à tous les échelons, aux décisions qui sont prises. Le PS l'a dit et répété ces dernières années au Parlement lors des nombreux débats qui ont eu lieu sur cette question : les quotas de femmes dans les conseils d'administration ne sont, certes, pas la panacée. Et nous serons ravis lorsqu'ils ne seront plus nécessaires.
Mais en attendant, c'est la seule solution qui produit des résultats, rapidement. Il faut l'appliquer. Ce sera bon pour les femmes qui seront davantage associées aux prises de décisions, bon pour les entreprises qui y gagneront en diversité et bon pour la société dans son ensemble !

