9 décembre 2011, jour anniversaire de la Loi de 1905, loi française de séparation des Églises et de l'État
Après vingt-cinq ans d'une vive polémique opposant deux conceptions de la place des églises dans la société, c'est à l'initiative du député socialiste Aristide Briand, défenseur d'une laïcité sans excès, que la loi de 1905 est adoptée. Bien que le mot de laïcité ne se trouve pas dans le texte, ainsi naît la laïcité à la française. Dans son Article 1, la loi proclame « la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes », comme en écho à l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ». L'État manifeste ainsi sa volonté de neutralité religieuse tout en « garantissant » à chacun les moyens d'exercer librement sa religion, dans le respect d'autrui. Toutefois, dans son article 2, la loi stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) » Plus d'un siècle après son adoption, respecter la diversité en veillant à l'unité de la nation, construire une Europe unie dans sa pluralité, restent plus que jamais des objectifs essentiels de la laïcité. Puisse-t-elle continuer à développer une véritable intelligence collective, davantage soucieuse du bien commun à l'échelle de l'humanité que des ambitions matérielles et des stratégies communautaristes.


