Fédération Wallonie-Bruxelles en débat:

Door CHRISTOPHE COLLIGNON op 17/01/2012
Ça cogite aussi entre élusIl n'y a pas mal de fantasmes, positionnements, amnésie, confusion... dans l'épisode Marcourt and Co. Ainsi, confusion sur ce dont il s'agit. D'un nouveau plan de redressement de la Wallonie? Des articulations intrafrancophones et, donc, du sort à réserver à la Communauté/Fédération francophone? D'un plan W alternatif à un plan Belgique qui s'écroulerait? Ce n'est tout de même pas la même chose! Au moins, s'il s'agit de l'affirmation du fait régional, qui serait l'unique trait commun certain aux scénarios qui précèdent, il serait difficile de la prétendre infondée et désincarnée. Car cette primauté régionale s'est imposée dans les faits comme dans les dernières réformes institutionnelles. Jusqu'à monter régulièrement sur scène.Telle celle du Parlement wallon. Rafraîchissons les mémoires: c'est à l'unanimité, à la mi­juillet 2008, que l'assemblée adoptait une résolution «rappelant que l'équilibre institutionnel du fédéralisme belge s'appuie prioritairement sur trois Régions». Ce fut, certes, en affirmant «dans le même temps l'importance de la solidarité entre la Région wallonne et la Région bruxelloise»; mais ce n'est qu'en ajout négocié mot à mot qu'une partie des élus put ajouter: «... particulièrement au travers d'une Fédération Wallonie­Bruxelles actuellement assurée par la Communauté française». Répétons: c'était à l'unanimité des quatre grands partis, voilà trois ans.Depuis, un groupe institutionnel dit 4x4 s'est constitué (quatre délégués par parti, présidé par Rudy Demotte). On lui doit le passage informel de Communauté française à Fédération Wallonie­Bruxelles. Cette expression, sous couvert d'une réappellation communautaire, exprime plutôt une primauté birégionale voire des visées de synergies plus grandes entre Wallonie et Bruxelles indépendamment ou pas dudit cadre communautaire. C'est là une ambiguïté délibérée... et auto­ bloquante comme des pavés: le groupe n'est pas encore sorti de la léthargie à laquelle l'avait condamné l'interminable vacance de pouvoir fédéral.Depuis encore, deux vice­présidents des deux gouvernements sudistes, Jean­Claude Marcourt (PS) mais aussi Jean­Marc Nollet (Ecolo), leur collègue André Antoine (CDH) mis hors jeu, ont voulu offrir à la Wallonie, lors de ses dernières Fêtes, «une plus grande surface politique» dès lors qu'était «déclenchée la prise de conscience collective d'une identité wallonne allergique à tout repli sur soi». On veut bien que, tombé en plein soulagement collectif néobelge sur l'accord de principe scindant BHV, l'appel fût inaudible; ce n'est peut­ être pas une raison de l'avoir oublié lui aussi.Et puis, ce ne sont pas des amis socialistes liégeois mais un quatuor pluraliste d'élus wallons, un par parti (le PS Collignon, le MR Crucke, le CDH Fourny, l'Ecolo Wesphael), qui s'est constitué en octobre dernier en «groupe de convergence wallonne multisectoriel et ouvert à tous les courants» pour réfléchir à «un développement wallon autocentré, cohérent, libéré et non plus dépendant». Or, le quatuor s'étoffe (notamment de Maxime Prévot et Véronique Salvi au CDH, Marc Bolland et Sébastian Pirlot au PS); il a pris langue avec l'Institut Jules Destrée; il veut aboutir à des espèces d'assises au printemps. Non, ce n'est pas en concertation avec tel think tank avéré ou projeté; et les avis divergent sur le point de savoir si les démarches pourraient un jour converger... En tout cas, tous quatre insistent : «Ce n'est pas un projet wallon contre quiconque» (Christophe Collignon); «le régionaliste que je suis ne veut pas d'un repli sur la Wallonie» (Jean­Luc Crucke); «pas de logique clanique ou fermée». «On ne se situe pas dans une logique de démantèlement; on se pose la question du devenir wallon» (Bernard Wesphael). Marcourt, alors ? «Qu'il assume. D'autres peuvent penser d'autres choses.» (Dimitri Fourny)Paul Piret (Dans LA LIBRE du mardi 17 janvier 2012)

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