Mort pour avoir eu le courage de chercher la vérité
En Syrie la révolte gronde. Gilles Jacquier, grand reporter de France 2, est mort ce 11 janvier à Homs pour avoir eu le courage de chercher la vérité sur la lutte du peuple syrien pour la liberté. Mes pensées émues vont d'abord à ses proches, mais aussi à la grande famille des journalistes qui risquent leur vie pour garantir à tous et partout le droit à l'information. Gilles Jacquier est le premier journaliste étranger tué en Syrie depuis le 15 mars 2011, début de l'insurrection qui a fait à ce jour, selon une estimation de l'ONU, plus de 5000 morts… Si ce tragique événement témoigne des dangers que les journalistes encourent - ce qui force notre respect et souligne qu'il faut protéger plus que jamais la liberté fondamentale d'information et d'expression - toutes ces vies perdues nous rappellent aussi le terrible prix payé par la population syrienne victime d'une oppression sanglante. C'est pourquoi, une fois encore, j'en appelle Bashar Al-Assad à tenir compte de la volonté du peuple et à renoncer au pouvoir pour que la démocratie puisse s'établir en Syrie. Comme dans la plupart des pays arabes, la Syrie est confrontée aux difficiles problèmes du passage de l'aspiration démocratique à sa réalisation politique. Malgré les détournements, la récupération et toutes les formes de pression qui visent à discréditer le soulèvement du peuple, puissent la démocratie, la liberté d'expression, le droit de vivre libre et en paix tout simplement, prochainement exister en Syrie. D'ores et déjà, dans sa quête de vérité, Gilles Jacquier y a contribué.

